vendredi 10 décembre 2010

Premiers pas vers Ratmanoff

Nous partons avec Alexis, accompagnés de Lise et Clément (les 2 « anciens » vcat Ecobio) compter les colonies de Goélands Dominicain à Pointe Morne et Estacade. Pointe Morne (à 3h30 de marche de la base) est vraiment un site sympa et très diversifié : goélands, manchots papou, cormorans, éléphants de mer, grands albatros et pétrels géants.

Goéland dominicain et Cormoran de Kerguelen

Manchot papou et son poussin

Grand albatros

bonbon

Pétrel géant subantarctique


Nous continuons ensuite la route jusqu’à Ratmanoff (à 5h30 de Morne). J’y découvre enfin la colonie de Manchots royaux ! Le site est génial : une plage immense avec des manchots à perte de vue ! La dernière saison de reproduction ayant été assez catastrophique, les manchots sont donc revenus cette année en masse : la colonie est bondée !  Il est temps de repartir, mais j’y reviendrai tout le mois de février (ou plus) pour « guetter » (Tout va bien se passer).





lundi 6 décembre 2010

L’île Château

Pour accéder aux îles du golfe du Morbihan (pas en Bretagne, mais bien celui de Ker !!) il faut prendre le chaland. Quasiment à chaque sortie nous sommes escortés par les dauphins de Commerson.




Sur certaines îles du golfe, comme l’île Château, il n’y a pas de cabanes … il faut donc camper ! Quand on dort sous la tente aux Kerguelen, le pire ce ne sont pas les vents violents et la pluie … non non non … le pire ennemie du campeur ce sont les Chionis ! Appelez aussi « pougeon » (moche comme une poule et con comme un pigeon) ces maudits oiseaux ne trouvent rien de mieux à faire que de grimper et de sauter sur la tente à 4 heure du mat’. L’île Château, comme celle d’Australia, a été dératisée il y a quelques années, nous y effectuons un suivi de la recolonisation de ces îles par les pétrels.


Chionis

pétrel plongeur commun

pétrel à menton blanc

mercredi 1 décembre 2010

Mayès l’île des ornitho

Beaucoup d’anciens hivernants à Kerguelen vous diront que Mayès est vraiment la plus belle île du golfe. Il faut dire que cette île a vraiment beaucoup de charme. Les ornitho la considère un peu comme leur île, car nous sommes quasiment les seuls à y aller, et nous y passons beaucoup de temps. Pour notre première manip’ mon binôme Thomas et moi-même sommes allé 10 jours à Mayès, accompagnés de nos deux mentors Pierrick et Alexis. Au programme : contrôle des partenaires des pétrels bleus et des prions de Belcher, captures nocturnes au filet, contrôle et baguage des skuas. Comme de vrais padawans nous écoutons les précieux conseils de nos prédécesseurs. C’est aussi l’occasion de passer nos premières nuits en cabane, celle de Mayès (l’Auberge du gros pétrel rouge) est très chaleureuse. Sur un des murs, il y a les photos de tous les anciens ornitho qui sont passés par là. La mini bibliothèque est bien remplie (ou presque) par de vielles bandes dessinées, mais surtout par le rassemblement de toutes les pires blagues de Jean Roucasse : les Roucasseries tome 1 ! Ce qui m’a le plus surpris en posant le premier pas sur cette île, c’est sa végétation : il y a des choux de Kerguelen et des azorelles partout ! Comme il n’y a jamais eut de lapin sur l’île (ni rat, ni chat, mais beaucoup de souris) la végétation est très préservée, ce qui offre un site de choix pour les oiseaux marins. Il faut donc faire attention où on met les pieds pour ne pas écraser les choux ou les terriers de pétrels en dessous.




samedi 20 novembre 2010

Les Eléphants de mer

Pose et récupération de balises

En novembre les plages sont remplies d’éléphant de mer. Les jeunes sont presque tous sevrés, et se dorent la pilule au soleil. Ils restent encore quelques mâles et femelles sur la plage. C’est l’occasion d’aller poser sur une femelle une balise Argos couplée à un enregistreur de plongée et un accéléromètre. Il faut procéder de la manière suivante : tout d’abord disposer délicatement une capuche sur la tête de l’animal, puis faire un tas d’hommes afin de l’immobiliser fermement, enfin l’anesthésier en douceur. Il ne reste plus qu’à faire des mesures, peser le tout, poser les appareils et relâcher l’éléphant de mer.










Les éléphants de mer reviendront sur la plage pour muer, c’est à ce moment que nous récupérerons la balise. D’ailleurs un mâle équipé en septembre vient de rentrer (sa balise Argos nous donnant sa position en direct) après avoir pêché pendant plusieurs mois sur le plateau de Kerguelen. Ses instruments contiennent de précieuses informations, nous devons les récupérer ! Nous partons donc en tracteur, conduit par notre Gener, direction rivière Norvégienne. La balise s’est détachée, nous la retrouvons à marée basse dans une flaque, Mission accomplie !




Nage avec les bonbons

Les bébés éléphant de mer, appelés ici bonbons (de vrais bonbons pour les orques), commencent à faire leurs premières brasses aquatiques. C’est l’occasion de testé l’étanchéité de mon appareil photo.
 


mardi 16 novembre 2010

Terre en vue

Les îles Kerguelen, ces Terres tant attendues sont enfin en vue. Les grands albatros nous accompagnent devant les îles nuageuses, jusqu’à l’arche de Kerguelen.


Les îles nuageuses


L'arche de Kerguelen
Le lendemain matin, après un bref passage devant le cañon des Sourcils Noirs, nous arrivons à Port-aux-Français (PAF).

Port-Aux-Français

jeudi 11 novembre 2010

La grande traversée

Le départ

Après les dernières visites à la famille et aux amis, il est temps de dire au revoir et de partir pour l’océan austral. Première étape : La Réunion pour embarquer sur le Marion Dufresne, le bateau qui assure le ravitaillement et le transport du personnel des bases subantarctiques (Crozet, Kerguelen et Amsterdam). Quel plaisir de remonter à bord de ce monstre d’acier de 120 mètres de long, mais cette fois ci ça ne sera pas dans les eaux calmes et turquoises de l’océan Indien tropical mais entre les 40èmes hurlants et les 50èmes rugissants. A la sortie du port nous sommes escortés par des dauphins faisant la course avec le bateau.



La vie sur le bateau

Prendre le Marion Dufresne est une expérience en soit. Pour certains c’est une véritable épreuve dont le mer calme est le seul remède (ie médicament contre le mal de mer). Curieusement je ne suis pas affecté par le mal de mer, je peux ainsi profiter à fond du Marion. En tant qu’ornitho, moi et mes collègues de Chizé (Thomas, Marguerite, Maxime et Benjamin) passons tout notre temps sur la passerelle, les jumelles collées aux yeux. Nous devons compter et identifier tous les oiseaux passant dans les 300 mètres autour du bateau ceci du lever au coucher du soleil, toutes les heures pendant 10 minutes. Nous avons été chanceux avec la météo, qui nous a permis de rester les trois premiers jours sur la passerelle extérieure. Le premier jour m’a permis de revoir des espèces très familières : Paille-en-queue à brins blancs, Puffin du Pacifique, Puffin d’Audubon, Pétrel de Barau et Sterne fuligineuse. Dès le 2ème jour les premières espèces australes ont pointé le bout de leur bec : Pétrel à menton blanc et Pétrels soyeux. C’est vraiment au 3ème puis 4ème jour de mer que les nouvelles espèces se sont enchainées (toujours précédé d’un « Oh putain !! »), avec l’apparition des premiers Albatros (à bec jaune, hurleur, timide, de Salvin, à sourcils noirs, à tête grise, fuligineux à dos clair et sombre), des pétrels géants, des océanites, des prions, du damier du cap, … la liste est longue mais je m’émerveille devant chaque nouvelle espèce comme  un enfant le jour de noël. Au 5ème jour de mer, l’océan commence à s’agiter et je constate qu’il y a une fuite dans le hublot de ma cabine (située au pont inférieur), « je prends l’eau, appelez Mc Gyver !! »

Les ornitho au repos (Maxime et moi)
Titanic le remake (Benjamin et Thomas)
Le restaurant
Mal d'Amour, Mal de mer ou Mal de tête ?
Albatros hurleur

Le commandant et moi

Trois jours d’escale à Crozet

Nous sommes arrivés sur les côtes de Crozet, l’archipel aux 300 jours de pluie par an, et miracle il fait beau ! J’aperçois mes premiers manchots royaux qui nagent à côté du bateau l’air intrigué, j’ai hâte d’aller visiter la manchotière ! Malheureusement aucun orque n’a pu être observé pendant l’escale.
Pointe basse, île de la Possession, Crozet
La base Alfred-Faure
Manchots royaux
Cormoran de Crozet    


La route de la manchotière
Maxime, Thomas et un éléphant de mer

Les ornitho, de gauche à droite : Benjamin, Maxime, moi, Thomas et Marguerite

Poussin d'albatros hurleur

Skua subantarctique

Les manchots royaux

Maxime et moi

C’est le moment de faire mes adieux aux personnes restant à Crozet et de remonter à bord du Marion pour 2 jours de mer direction Kerguelen !!! La grippe me cloura au lit jusqu’à l’arrivée à Ker.